C'est vrai que j'en ai encore pas beaucoup parlé sur le blog ...Pour répondre a ceux qui me demandent ce que je fabrique ici, je vais essayer de résumer un peu, et tant pis pour ceux que ca n'intéressent pas ...
Je fais mon stage dans une boîte de consulting en agriculture/aquaculture. En gros les clients sont des entreprises d'agroalim ou des fermes qui veulent obtenir une certification (commerce équitable, biologique, un des innombrables label de sustainable development en aquaculture etc) aux normes internationales. Ma boite fait alors des visites, audits, des formations (cours théoriques et pratiques ) pour les aider a comprendre les cahiers des charges (en général pas très digestes) et a se mettre aux normes, en vue de se faire certifier. La boite est pas énorme, 2 francais, une petite diziane de viets, et pas énormément de moyens.
Moi je bosse dans la section aquaculture, sur la certification des pangasius ou panga ... Qu'est ce que c'est ? Un poisson chat local et ridicule qui était produit traditionellement au Vietnam, et dont la production a été boostée depuis qu'un projet piloté par le Cirad a permis de maitriser la reproduction artificielle. Le production, qui était limitée par le fait que les alevins devaient etre pêchés au cambodge notament, a alors explosé, permttant de passer de 30.000 T/an dans les années 90 à plus de 1M de tonne l'an dernier . Aujourd'hui, la majorité est exportée en Europe, Russie, Japon, Etats unis. C'est un des poissons les moins chers, au gout pas très fort, et ca a donc beaucoup de succès dans les R.U, cantines, carroufs etc ... Voila Pour le petit historique.

Concretement, moi je suis ici pour améliorer des formation GAP ( good aquaculture practices) : du fait de son développementécent et très rapide, les vietnamiens ne maitrisent pas encore très bien la filière, et l'impact estimé sur l'environnement n'est pas très rassurant. En gros c'est l'équivalent de nos élévages de poulets industriels en batterie, version aquatiques. Des grosses sociétés vendent de l'aliment industriel a des fermiers, qui le "transforment" en poissons "engraissés" en quelques mois et le vendent à d'autres gros industriels, qui en font des filets congelés et expédient tout ca chez nous Le tout avec une réglementation (locale) quasi inexistante. Vu que la majorité est exportée, et que le "sustainable" est très a la mode, des standards ( "labels") ont été crées. Ceci d'un part pour éviter de trop pourrir l'environnement, d'autre part pour permettre aux producteurs de mieux accéder a l'export et de vendre plus cher, et enfin de rassurer un peu les consommateurs ... Bon ça c'est c'est le coté bisounours du stage.
A coté de ca, je découvre petit a petit le "coté obscur" du monde de la certification et de l'aquaculture ici .
Le business est ici assez énorme ( une des première exportation du pays, derrière la crevette ) , et y a un paquet de dollars en jeu. Le monde de l'eco-sustainablo-equitablo-truc est une véritable économie: Il semble y avoir de vrai enjeux environnement/sociaux derriere ces standards, mais aussi un gros phénomène de mode, et donc son business associé. Du coup, dans le monde de l'agriculture mais encore plus de la pêche/aquaculture, c'est un peu la guerre des standards, labels, de qui arrivera a etre le plus adopté et reconnu par telle ou telle filière. Car les audit/formations/certifications coutent cher aux producteurs/pêcheurs, et rapportent donc beaucoup aux certificateurs etc qui surfent sur la mode du sustainable.
Dans ce contexte, les certificateurs se sont rapidement engoufrés dans le panga business, et les premiers standards on été créés.
La suite est un peu compliquée : mon boss est représentant au vietnam de la societé suisse qui a enregistré le standard, et c'est un peu lui qui l'a rédigé depuis le vietnam. Il est aussi abilité a faire des inspections, donc a délivrer des certifications. Dans le même temps, il es patron de la boite de consulting qui "aide" les produceurs a se mettre au norme. Ensuite, un des points "importants" du standard est qu'il faut utiliser un aliment pour poissons de qualité, un aliment "tracable"...donc industriel. Or un des plus gros fabricants d'aliment industriel pour animaux au vietnam, sorte de parrain de l'agrobusiness, local est un francais. C'est aussi l'ancien patron de la boite de consulting ou je bosse, qu'a repris mon maitre de stage il y a quelques années ... Enfin, la plupart des employés de ma boite bossent ou ont bossé en même temps pour cette boite suisse de certification, ont donc la double casquette de consultant et d'inspecteur . Inspecteurs/certificateurs/consultants réunis dans les mêmes personnes, le tout main dans la main des marchands d'aliments ? Bienvenu a mafialand ? J'avoue que c'est un peu dur de s'y retrouver ...
Quoi qu'il en soit, je pense qu'il y a malgré tout un interet a faire des formations/vulgarisation pour que les pratiques des producteurs changent un minimum, et dans la forme la travail est assez intéressant. Je fais pas mal de visites dans le Delta, je dois cerner comment travaillent les fermiers, comment ils pensent et fonctionnent,faire des enquêtes, et proposer des cours, des jeux...Il faut "designer" des powerpoints un peu enfantins ou simplistes pour leur expliquer des concepts comme la traçabilité ou le cycle de l'azote alors que les ouvriers savent à juste lire et écrire... Plus pas mal de trucs a coté, j'ai suffisamment matière à m'occuper ...
Le seul truc qui me blase vraiment, c'est la binôme viêt (en stage de fin d'étude de master ) avec qui je suis sensé bosser. J'ai rien contre elle, mais s'organiser avec elle pour le travail c'est un enfer. Elle pane pas grand chose, ne propose jamais rien, est tetanisée a l'idée de prendre la moindre initiative. Elle connait finalement pas grand chose sur l'agriculture de son propre pays, n'est jamais vraiment sortie de chez elle et passe ses week end à dormir. Vous dire comme c'est quelqu'un de passionnant. Sinon, elle ne ressemble pas à la fille sur la photo :
:o)
A coté de ca, comme beaucoup de viet elle voue un culte à la hierarchie et aux ordres, et en général effectue comme un robot ce que son père/prof/boss/supérieur lui ordonne... si jamais jamais l'ordre a été suffisamment précis, parce que si on lui a pas dit de quelle couleur choisir son slip, elle va bugger/paniquer/s'autodétruire ( rayer la mention inutile ) . Elle m'est donc d'une très grande aide, sachant que quand je lui demande de traduire du viet pour moi elle met a peut près une semaine a traduire 3 pages en français. Vu que j'ai malgré tout besoin d'elle pour certains trucs que je peux pas gérer moi même, j'ai même pas le droit d'en faire de la bouffe pour poisson :( Bref j'arrete ici, parce que je voudrais pas avoir l'air aigri, mais je rage de pas parler le viet, car je pourrais alors bosser tout seul et le travail serait infiniement plus rapide et passionant.
Je fais mon stage dans une boîte de consulting en agriculture/aquaculture. En gros les clients sont des entreprises d'agroalim ou des fermes qui veulent obtenir une certification (commerce équitable, biologique, un des innombrables label de sustainable development en aquaculture etc) aux normes internationales. Ma boite fait alors des visites, audits, des formations (cours théoriques et pratiques ) pour les aider a comprendre les cahiers des charges (en général pas très digestes) et a se mettre aux normes, en vue de se faire certifier. La boite est pas énorme, 2 francais, une petite diziane de viets, et pas énormément de moyens.
Moi je bosse dans la section aquaculture, sur la certification des pangasius ou panga ... Qu'est ce que c'est ? Un poisson chat local et ridicule qui était produit traditionellement au Vietnam, et dont la production a été boostée depuis qu'un projet piloté par le Cirad a permis de maitriser la reproduction artificielle. Le production, qui était limitée par le fait que les alevins devaient etre pêchés au cambodge notament, a alors explosé, permttant de passer de 30.000 T/an dans les années 90 à plus de 1M de tonne l'an dernier . Aujourd'hui, la majorité est exportée en Europe, Russie, Japon, Etats unis. C'est un des poissons les moins chers, au gout pas très fort, et ca a donc beaucoup de succès dans les R.U, cantines, carroufs etc ... Voila Pour le petit historique.

Concretement, moi je suis ici pour améliorer des formation GAP ( good aquaculture practices) : du fait de son développementécent et très rapide, les vietnamiens ne maitrisent pas encore très bien la filière, et l'impact estimé sur l'environnement n'est pas très rassurant. En gros c'est l'équivalent de nos élévages de poulets industriels en batterie, version aquatiques. Des grosses sociétés vendent de l'aliment industriel a des fermiers, qui le "transforment" en poissons "engraissés" en quelques mois et le vendent à d'autres gros industriels, qui en font des filets congelés et expédient tout ca chez nous Le tout avec une réglementation (locale) quasi inexistante. Vu que la majorité est exportée, et que le "sustainable" est très a la mode, des standards ( "labels") ont été crées. Ceci d'un part pour éviter de trop pourrir l'environnement, d'autre part pour permettre aux producteurs de mieux accéder a l'export et de vendre plus cher, et enfin de rassurer un peu les consommateurs ... Bon ça c'est c'est le coté bisounours du stage.
A coté de ca, je découvre petit a petit le "coté obscur" du monde de la certification et de l'aquaculture ici .
Le business est ici assez énorme ( une des première exportation du pays, derrière la crevette ) , et y a un paquet de dollars en jeu. Le monde de l'eco-sustainablo-equitablo-truc est une véritable économie: Il semble y avoir de vrai enjeux environnement/sociaux derriere ces standards, mais aussi un gros phénomène de mode, et donc son business associé. Du coup, dans le monde de l'agriculture mais encore plus de la pêche/aquaculture, c'est un peu la guerre des standards, labels, de qui arrivera a etre le plus adopté et reconnu par telle ou telle filière. Car les audit/formations/certifications coutent cher aux producteurs/pêcheurs, et rapportent donc beaucoup aux certificateurs etc qui surfent sur la mode du sustainable.
Dans ce contexte, les certificateurs se sont rapidement engoufrés dans le panga business, et les premiers standards on été créés.
La suite est un peu compliquée : mon boss est représentant au vietnam de la societé suisse qui a enregistré le standard, et c'est un peu lui qui l'a rédigé depuis le vietnam. Il est aussi abilité a faire des inspections, donc a délivrer des certifications. Dans le même temps, il es patron de la boite de consulting qui "aide" les produceurs a se mettre au norme. Ensuite, un des points "importants" du standard est qu'il faut utiliser un aliment pour poissons de qualité, un aliment "tracable"...donc industriel. Or un des plus gros fabricants d'aliment industriel pour animaux au vietnam, sorte de parrain de l'agrobusiness, local est un francais. C'est aussi l'ancien patron de la boite de consulting ou je bosse, qu'a repris mon maitre de stage il y a quelques années ... Enfin, la plupart des employés de ma boite bossent ou ont bossé en même temps pour cette boite suisse de certification, ont donc la double casquette de consultant et d'inspecteur . Inspecteurs/certificateurs/consultants réunis dans les mêmes personnes, le tout main dans la main des marchands d'aliments ? Bienvenu a mafialand ? J'avoue que c'est un peu dur de s'y retrouver ...
Quoi qu'il en soit, je pense qu'il y a malgré tout un interet a faire des formations/vulgarisation pour que les pratiques des producteurs changent un minimum, et dans la forme la travail est assez intéressant. Je fais pas mal de visites dans le Delta, je dois cerner comment travaillent les fermiers, comment ils pensent et fonctionnent,faire des enquêtes, et proposer des cours, des jeux...Il faut "designer" des powerpoints un peu enfantins ou simplistes pour leur expliquer des concepts comme la traçabilité ou le cycle de l'azote alors que les ouvriers savent à juste lire et écrire... Plus pas mal de trucs a coté, j'ai suffisamment matière à m'occuper ...
Le seul truc qui me blase vraiment, c'est la binôme viêt (en stage de fin d'étude de master ) avec qui je suis sensé bosser. J'ai rien contre elle, mais s'organiser avec elle pour le travail c'est un enfer. Elle pane pas grand chose, ne propose jamais rien, est tetanisée a l'idée de prendre la moindre initiative. Elle connait finalement pas grand chose sur l'agriculture de son propre pays, n'est jamais vraiment sortie de chez elle et passe ses week end à dormir. Vous dire comme c'est quelqu'un de passionnant. Sinon, elle ne ressemble pas à la fille sur la photo :
:o)A coté de ca, comme beaucoup de viet elle voue un culte à la hierarchie et aux ordres, et en général effectue comme un robot ce que son père/prof/boss/supérieur lui ordonne... si jamais jamais l'ordre a été suffisamment précis, parce que si on lui a pas dit de quelle couleur choisir son slip, elle va bugger/paniquer/s'autodétruire ( rayer la mention inutile ) . Elle m'est donc d'une très grande aide, sachant que quand je lui demande de traduire du viet pour moi elle met a peut près une semaine a traduire 3 pages en français. Vu que j'ai malgré tout besoin d'elle pour certains trucs que je peux pas gérer moi même, j'ai même pas le droit d'en faire de la bouffe pour poisson :( Bref j'arrete ici, parce que je voudrais pas avoir l'air aigri, mais je rage de pas parler le viet, car je pourrais alors bosser tout seul et le travail serait infiniement plus rapide et passionant.
Et bé, ca a l'air bien chaud comme stage quand meme! Je pensais que tu remplissais de la paperasse ou je sais pas quoi, je suis surpris, c'est quand meme une sacré responsabilité! ^^
RépondreSupprimerEnfin je comprend ta binome viet, a sa place je serais pareil -_-'