mercredi 22 avril 2009

!!!

je ne résiste pas à vous montrer les installations électriques du quartier ...

home sweet home

Vung Tau






Le lundi suivant, alors que nos espoirs de quitter un jour notre hôtel de passe se réduisaient de d’heure en heure la nouvelle est arrivée. La maison ! Fin de matinée, on me remet un trousseau de clé et un plan griffonné a l’arrache pour trouver l’adresse, et c’est parti pour la mission emménagement. J’arrive dans une petite ruelle donnant sur une rue très animée du quartier. Je demande à un homme dans la rue et il m’indique un portail coulissant à coté d’un restaurant de rue. Je rentre. Une dizaine de viets sont attablés dans ce qui semble être une cuisine, et vas y que j’te picole des bières a 11h du mat, et que j’te gare les motos au fond de la cuisine, et que j’te bouffe des crevettes sur des chaises de dinettes dans NOTRE maison.
«Bienvenue, on vous attendait ( !!!!) me sort en anglais un dénommé Mister Truong.». Au moins je me dis que j’ai réussi a trouver l’adresse :-p
Le temps de retourner à l’hôtel, de retrouver Melissa et Danny, de rassembler nos affaires, et de payer les patrons de l’hôtel décidément tristes de voir partir probablement les meilleurs clients de l’histoire de leur hôtel, on revient en taxi jusqu’a la maison. Les habitants de la petite ruelle nous observe défiler au milieu du bordel avec les sacs, la planche de surf etc. d’un œil « interrogateur».

La maison, comme la plupart des maisons de Ho Chi Minh qu’on ait pu voir, est format « boite de céréale », à savoir une ou deux pièces par étages sur 4 niveaux. Pour notre part, c’est cuisine/garage/dépotoir au RDC, un salon avec canapé/télé et une chambre au dessus, deux autres chambres dont une juste au dessus du restau – et donc imprégnée d’une odeur de poisson très « agréable », et au dessus une super grande chambre donnant sur une terrasse pleine de plantes vertes . Etant les premiers arrivant sdans la colloc’, inutile de préciser qu’on choisit les deux meilleures chambres. Celle du haut est tirée à pile ou face et c’est moi qui la récupère, hihaaa ! D’après une estimation rapide, je risque de parcourir les 54 marches qui me séparent du sol un paquet de fois par jour, ca devrait donner dans les 110.000 marches à bout de 6 mois. Mais y a une terrasse :-) Le proprio n’a pas loué la maison depuis des mois, et a refourgué la plupart des meubles. Résultat, si l’ensemble est carrément spacieux et plutôt cool, et malgré un ménage préalable (on ose pas imaginer comment c’était « préalablement » ), ca reste méga crade. Et infesté de rat, cafards et autres vieilles chaussettes abandonnées.

Le tout très peu meublé (on a quand même droit a un autel de bouddha, une magnifique reproduction de marie Antoinette, un photophore en forme de crane et surtout de chaises « d’université » avec tablettes pour écrire, qui donnent un air très tendance à nos petits déjeuners !) Et éclairé par des néons « entrepôt effect ». On passe donc le reste de la journée à faire une méga descente dans le Metro de la ville et à remplir 3 caddies de choses essentielles : vaisselle, ustensiles de ménage, draps, lampes, gazinière etc. Allez bam, paye ta note de 4 millions de dongs à la caisse ! Une fois rentré on frotte, on récure, on vide 3 maxi bouteilles de gaz anti cafard - ne respectant probablement pas les normes européennes ou les préconisations de l’OMS – . Quelques heures et plusieurs dizaines de cafards occis (surgis de partout agonisants sur le sol) plus tard, la maison commence à avoir un air un peu moins insalubre. Mention spéciale à l’anti rat vietnamien, une version labélisée mickey mouse (!!!) du colle mouche… pour les rats. Morts de rire on pose ce ridicule bout de carton de 20x20 cm recouvert de colle et de deux pitoyables graines : le lendemain on retrouve deux souris fixées dessus… excellent !

En fin de soirée, Rebecca, une autre stagiaire française emménage pour deux mois dans la maison (la chambre qui ne sent pas le poisson pour ceux qui suivent  ) Moi le lendemain je part pour deux jours de visites de fermes dans le delta du Mékong, et je m’endort dans ma chambre, bercée par le ronronnement de la clim et des motos….
Le vendredi soir, on se fait une maxi bouffe dans un restau en plein air autour du marché de Ben Tanh, et on sort avec Mathias (un stagiaire français de la boîte de Melissa ) dans un bar version « expats ». Les bières coutent à peu près 5 fois le prix qu’elles valent dans la rue, le gens sont blancs (à 80%), moches, français, américains allemands, et assez pu
ants. Bof.

On passe la journée du lendemain à construire un abri au dessus de la terrasse, à grand renfort de cordes, bâches et hamacs. On y passe le plus clair de la journée, et le soir, très fiers du résultat on y mange des pastas cuisinées par Danny en se sirotant du vin trouvé au supermarché.

Mention pas spéciale au tire bouche vietnamien qui n’a pas résisté a plus de deux bouteilles ouvertes.
Mention encore moins spéciale a la première averse de mousson qui arrache la moitié de notre abri ! mpffff ! rah ! En tout cas, même si ca a ses inconvénients, ca a carrément du charme d’habiter dans une ruelle 100% Viêt : la rue s’anime de 4h30 du matin a 21h, (pour n’être vraiment calme que de 1h a 4h ). Dès 6h, le marché bat son plein, littéralement, devant notre porte (genre la nana écarte ses mangues pour qu’on puisse sortir de chez nous ! ), et on a qu’a tendre le bras pour acheter – a des prix défiant toute concurrence – bananes, fruits du dragon, cocos a boire, pastèques, goyaves, crevettes, et autres légumes bizarres. L’endroit regorge de mini restaux servant des repas bons à mourir, pour entre 0.7 et deux euros. Sans parler du petit coréen que l’on vient de découvrir juste en face !
Par contre on se passerait bien :

- des ouvriers à coté de chez nous qui « cimentent et martopiquent » dès 6h du mat (et qui semblent - étrangement - ne pas trop nous apprécier depuis qu’on a débouché l’évacuation d’eau de la terrasse leur dégoulinant directement dessus quand ils bossent …œil pour œil !)
- de la (trop) proche rue principale très bruyante qui grouille tellement de motos à 17h (heure de pointe) que les mecs annexent même les pseudos trottoirs de 30 cm de large,
- de la folle qui habite à coté de chez nous nous et qui nous demande 20 fois par jour ou l’on va, ou comment on s’appelle.

Voila, sinon on aura bientôt internet, un 5ème venu dans notre colloc’ (qui marche plutôt pas mal pour l’instant), et probablement un bubulle vietnamien ! Le boulot commence à bouger un peu, et un weekend end de 4 jours se profile à la fin du mois…et pour répondre aux questions les plus posées : les gens ne mangent (contre toute attente) pas plus de nems qu’en France, je ne fais pas caca mou, ni n’ai osé reprendre la moto … Biz ! ( ci dessous, photos prises depuis nos fenêtres )


dimanche 12 avril 2009

Sea, poulpe and sun !

Pour en revenir à mon train train pas comme les autres (hum), je résumerai un de ces jours ce que je fais vraiment ici, mais pour l'instant, - et pour faire très original - je fais surtout de la biblio. Je vais bientot commencer à sortir sur le terrain, ça fera j'espère plus de choses intéressantes à raconter. Sinon, je vous passe toutes les mésaventures de logement, mais alors que je devais y passer 3 jours, j'habite toujours a l'hôtel, on a failli avoir la "super maison qui tue tout " dans le quartier expat avec jardin, piscine etc, et au dernier moment c'est tombé...à l'eau (re hum). On nous a promis au moins 3 fois le déménagement pour le lendemain, mais les magouilles de nos maitres de stages respectifs, et le caractère "lunatique" des viêts en matière d'affaire n'aidant pas, on moisit toujours (mais de bonne humeur ) dans notre hôtel de passe. (on tope un jour pour un contrat de location et le lendemain ça n'a plus aucune valeur ici ... )

Toujours est il qu'on devait déménager samedi, et que ça a été repoussé au lundi (on croise les doigts) . N'ayant pas envie de le passer dans l'hôtel, on a décide de passer le weekend end à la mer. Direction le port de Saigon, ou on prend un hydroglisseur pour Vung Tau, LA station balnéaire des Saigonais qui y fuient l'air pollué de la métropole pour le week end. En 1h30 de cette sorte de TGV aquatique, on remonte le Mekong jusqu'à la mer. C'est assez confortable, et idéal pour commater en regardant le paysage défiler : barques de pêche, méga porte container, pétroliers géants, forets de mangrove,
le tout sous un grand soleil et du Pink Floyd dans les oreilles : mmh ! Je me serait tout de même passé de la gamine qui m'a renversé sa flotte sur les jambe pendant que je dormais.Bref.
Arrivée labas, c'est le calme, une large route qui longe la cote, bordée par des authentiques trottoirs ( on croit rêver) , des palmiers, et un vent marin plus que bienvenu après 15 jours dans les gaz des motos de HCM . La côte est un peu bétonnée (c'est très couru par les viêts, et c'est loin d'être la plage la plus paradisiaque du pays, mais ça a le mérite d'être très accessible depuis la ville, et infiniment plus calme que la capitale. Il y a très peu d'européens, ces derniers préfèrant les plages plus touristiques ( mais plus loin aussi ) , et à part la communauté d'expatriés (et
leur équivalent en prostituées) bossant pour les sociétés pétrolières qui exploitent ici les plus gros gisements du pays.

C'est donc surtout des viêts qui se rendent ici en famille, et c'est assez rigolo de les observer se baigner tout habillés depuis la plage ou on passera la weekend end à boire des laits de coco, manger des fruits de mer vendus sur le trottoir, et surfer dans les - énormes - vagues. (pour danny, le copain italien, tatoué, surfeur et plutôt cool de Mélissa qui nous a rejoint depuis une semaine après avoir surfé deux semaines en Indonésie ) .Mini weekend end sympa en tout cas, qu'on renouvellera surement dans cet sorte de "ho chi min de Janeiro" dominée par une colline avec un grand Jésus les bras en croix, et ou la musique disco kitch des 90's crée une atmosphère ..."unique" !

lost in translation


" tu verras, tout le monde parle anglais !" " y a encore pleins de gens qui parlent français" ...
mon c..! Une des galère à laquelle on essaye de faire face, c'est bien la langue. Et contrairement à ce qu'on avait pu me dire, très peu de gens (mise à part des étudiants, dans les hotels/restaux de "luxe" etc ) parlent ici autre chose que le vietnamien. A savoir une langue qui s'écrit certes avec notre alphabet (à quelques variations prés), mais proche du chinois au niveau de la difficulté et de la prononciation. Les mots font toujours une seule syllabe imprononçable, et il existe six tonalités correspondant à six accents différents. Ces accents sont très peu instinctifs, et on se sent -complètement- ridicule à essayer de les reproduire. Ils sont très importants et déterminent le sens du mot . Ainsi "mà", selon l'accent (et donc la prononciation) signifiera "fantôme", "mère", "qui", "plant de riz", "tombe" ou "cheval". Je vous laisse donc imaginer le cratère plutôt folklo de nos - vaillantes - tentatives de communiquer avec les locaux, même a grand renfort de dictionnaires et autres phrasebooks. Peut être faut il avoir un bec de lièvre ou le nez bouché pour pouvoir reproduire leurs gracieux grognements :-) , mais on finit en général par commander un truc au hasard sur un menu, ou a mimer de façon pathétique ce que l'on veux exprimer.

Sachant qu'en plus certains de nos codes gestuels ne sont pas les mêmes pour eux, et/ou que les viêts ne semblent parfois pas faire beaucoup d'efforts, même dans le contexte, c'est parfois un sacré bordel pour faire comprendre un truc aussi subtil que " la clim marchait ce matin mais que ce soir elle ne souffle que de l'air chaud". Parfois il faut se résigner a passer une nuit à transpirer :p Après deux semaines on commence à savoir compter et à gérer quelques noms de plats sur les cartes ( très rarement en anglais) dans les restaux, mais c'est pas encore les débat sur la démocratie ou l'utilisation du nuoc mam dans la cuisine asiatique. C'est un peu frustrant en tout cas.
Pour ce qui est du boulot, les nanas parlent "français" ou "anglais", mais possèdent un registre plus que limité, et il m'a fallu plusieurs jours d'adaptation pour me faire à leur accent. Quand a Xuan Binh, ( qui suit pourtant depuis 3 ans ses cours en français) si par écrit on arrive à peu près a communiquer, à l'oral c'est dur dur... J'espère que ça va venir, c'est pas comme si on allait bosser tout l'été ensemble...

sans commentaire

Juste pour vous informer que j'ai modifié un truc et qu'il est normalement possible de laisser des commentaires sans créer de compte Google. Sinon je mettrai bientôt mes propres photos ( celles que je met pour l'instant ne sont pas de moi), mais la connexion est trop lente pour les envoyer depuis l'hotel... (c'est marrant d'ailleurs, y a écrit en gros sur l'entrée "wifi", mais en fait c'est juste que depuis les chambres on capte -plus ou moin bien - le signal d'un cybercafé situé un peu plus loin :-) )

loutres et pagodes


Le samedi 4 Avril suivant, nous avons fait notre première excursion vers le centre de la ville. Avec une peu de fièvre et presque aphone (merci la clim), je rejoins Xuan Binh, ma binôme, dont le nom signifie printemps de paix (mais qui se prononce "sonne beûne", ce qui enlève un peu le charme bucolique de la métaphore), est venu nous chercher à notre hotel. Rendez vous 8h, paye ta grasse mat'. Elle vient avec un pote de sa promo qui parle le français : Ân (prononcer ehhhn), et on prend un bus en direction du centre. Pour le coup les motos font moins leur malignes, et on se sent tout de suite plus puissants quand on est protégés par des gros pare chocs.
Ce jour la commémore le roi fondateur du Vietnam, encore un type qui s'appelait probablement Nguyen (prononcer Nièhne), comme bien 50 % des rues, magasins et des Vietnamiens en général. Pour l'anecdote, dans l'avion à l'aller, l'hôtesse française a demandé à monsieur Nguyen de se présenter au personnel de bord : 25 vietnamiens ont levé la tête :-) La fête est apparemment plus célébrée dans le Nord, mais ça n'empêche pas les gens du sud de rendre férié le lundi suivant pour fêter l'événement (qui a lieu un samedi, mais ça ne semblait pas plaire a la population de perdre un jour férié si facilement )
Ni de se rendre en masse dans le grand parc qui entoure le Zoo de la ville. En fait de fête, les gens en profitent pour faire un grand picnic dans une des rare surface de la ville ou les motos n'ont pas
le droit de rouler. Et les marchands de machins en tout genre (innombrables éventails, encens, merdes en plastiques gonflables ou fluos, ou qui font du bruit, ou qui se mangent, ou tout ça en même temps ) de rentabiliser leur semaine. Les familles de viêt (de petits viêts devrais je dire, les nanas dépassant très rarement le 1m 55 et les hommes guère plus ) déambulent donc sagement entre les cages mal entretenues des quelques tigres, gazelles, hippos et autres chimpanzés typiquement locaux qui doivent regretter leur brousse natale.
Le tout baigné d'une techno-dance chantée en sim
ili français d'un kitch du meilleur goût. Et qui s'accordent parfaitement avec la musique traditionnelle d'à coté (des gens qui tapent sur des gongs et des machins en bambous ressemblant à des xylophones verticaux tandis que d'autres, eux aussi vêtus d'un habit traditionnel a la "tigre et dragon", jouent du flutiau ).

Tout ce beau m
onde se suit en procession, en portant des épées et des grands présentoirs avec des mangues, des biscuits et autres offrandes jusqu'à une grande pagode située dans l'enceinte du zoo (!) Et vas y que je te brule des kilos d'encens, et que les gamins continuent leur bordel avec leurs trucs en plastiques, et que les gens déposent des offrandes. Ca pique un peu la gorge mais ça a l'air plus rigolo qu'une messe à l'église. Binh et An nous expliquent que ce sont des prières aux ancêtres racontant les premières heures du Vietnam. C'est marrant 5 minutes, mais on préfère vite aller voir jouer les loutres à coté , en mangeant du tamarin.
L'après midi on va se balader au Ben Tanh Market, en plein centre. C'est un grand hall couvert, ou l'on trouve de tout ou presque : faux ipods, calmars sechés, vin de serpent, durian, mangues, théières, exemplaires de Tintin au Vietnam (!!!) sacs de hippies, Tshirts et chaussures D&G, lacoste, nike, prada, converse etc... Tout est faux bien sur, avec des designs n'ayant parfois rien a voir du tout avec la marque, et il y a parfois deux marques sur le même article (les chaussures Kappa-Converse, c'est ça le vrai style !) On se ballade un peu dans les ruelles alentour entre deux averses de mousson, et on slalome entre le fleuve de moto et la chaleur étouffante jusqu'à un arrêt de bus (en fait un bout de rond point plein de flaques ou des dizaines de bus s'agglutinent, et dans lesquels les passagers un peu paumés sont presque obligés de sauter en marche. On finit l'aprem sur un toit terrasse a boire des cafés glacés.
Le lendemain, grasse mat' et repos a l'hôtel (hôtel qui après qu'on l'ai bien observé, nous parait un peu louche, genre les gens qui louent une chambre pour deux heures, le manèges de certaines nana etc ... m'enfin.)



Le lundi -ferié'- suivant, on passe (avec Binh) la matinée dans un café wifi a boire des lait de coco et à -essayer - de faire connaissance, étant donné qu'on va bosser 5 mois à travailler très souvent ensemble. L'aprem on amène LA moto dans un garage pour essayer de faire réparer un problème de boite de vitesse. Au moment de récupérer la machine( en tongs et sous une énorme averse ), je sais pas trop ce qui se passe avec les vitesses , mais la moto fait un bond sur le trottoir, je fais tomber 4 motos alignées (vous savez, comme la scène dans les bronzés ...) et je me retrouve par terre, avec tous les propriétaires des motos (dont un par terre lui aussi) qui commencent a brailler, le mec par terre qui veux se faire dédommager pour les rayures etc. Binh lui dit 3 trucs en viêt et on se taille vite fait jusqu'à mon hôtel pas loin... Chaud.

samedi 4 avril 2009

yamamoto qu'a capoté



Dans Saigon, il n'y a pas de piétons. Et quand je dis pas, c'est vraiment proche du zéro absolu. Les deux roues règnent en maitres, l'essence coute très peu cher et les viets prennent leur machine pour faire le moindre mètre. Du coup, bons européens que nous sommes, lorsqu'on marche dans la rue, on est toujours les seuls à être en mouvement sur ce qui fait office de "trottoirs". On nous a donc fortement conseillé de trouver un deux roues et de faire comme tout le monde, de se déplacer dans le flot de motos/vélos dans cette ville de toute façon immense ou marcher à pied est extrêmement compliqué, et assez dangereux. D'ou mes péripéties de l'autre jour:


vendredi 3 avril
8:00 : j'arrive au boulot
9:00 : les travaux d'en face font sauter les plombs du quartier
9:15 : plus de clim', plus de ventilos, le bureau commence bouillir à feu doux, thermostat 3
9:45 : la batterie de mon portable est déchargée
10:00 : celui des nanas du bureau aussi, tout le monde rentre chez soi, weekend end anticipé ! Xavier m'emmène chez lui dans le district 2 récupérer "la moto", pneus a plats, roue arrière sans pignons, électricité HS
10:10 il me tracte avec sa propre monture jusqu'au "garage Honda non officiel" le plus proche. 4 gamins se ruent sur la machine - genre les stands dans une course de F1 - et commencent à changer toutes les pièces.


10:15: je rentre chez moi en xe hom (= taxi moto qui pour 1 à 2 euros vous emmène n’ importe où dans la capitale). Le chauffeur semble sorti d'un vieux James bond et d'un "bonjour monsieur comment allez vous" est fier de me montrer qu'il sait parler français.

16h00 : après une réunion avec Xuan Binh - ma binôme viet dont je vous parlerai plus longuement un de ces jours - et Xavier, celui ci me remmène dans le district 2 chercher le bolide, une Honda wave 100cc. (photo) Ici, plus d'une moto sur deux est un modèle de cette série, et même les petites vietnamiennes d'un metre 45 la manie comme une trottinette. Même "réparée", elle a malgré tout l'air encore bien branlante, et on est obligé d'attendre sur place que les gamins changent les pièces qu'ils ont oublié de réviser.


17:00 : La lumière commence à baisser sur la Ho Chi Minh, les viet rentrent du boulot, c'est l’heure de pointe. Xavier me dit " allez c'est parti, tu me suis, tu vas la ramener à l'hôtel! "N'ayant pas eu le temps d'acheter un vrai casque, donc muni de ma kippa réglementaire ,et fort de plusieurs années d'expérience de ...Vélodi, je suis une formation BSR accélérée de 10 minutes .Les grandes lignes en sont les suivantes : les vitesses se changent au pied (première angoisse) , le "tableau de bord n'affiche pas quelle vitesse est enclenchée et la première déconne ( deuxième et troisième angoisse ), le frein (principal) s'actionne avec le pied droit ( troisième angoisse : je croyais que c'était comme sur un vélo ! à partir de la j'arrête de compter les angoisses) Derniers conseils avant le départ, au Viêtnam le code de la route est inexistant, la voiture l'emporte sur la moto qui l'emporte sur le vélo, les gens roulent a contresens, ont le droit de tourner aux feux, et les ronds points s'apparentent à un champ de bataille.

17:20 : Apres quelques détours par des ruelles du quartier expat pour prendre la machine en main, on se lance direction l'hôtel.

17:40 : Je n'ai jamais eu aussi peu de ma vie. En pleine rush hour, au milieu de milliers de viets qui roulent dans tout les sens, je n'arrête pas de faire des sauts de plusieurs mètres en m'emmêlant dans les vitesses, mes clignotants viennent de lâcher. J'essaye de ne pas perdre des yeux la moto de Xavier.

17:45 Deuxième litre d'adrénaline secrété. Il commence à faire franchement nuit, les phares tunés des gens d'en face m'éblouissent la tronche. On a franchi le pont de la rivière Saigon, 4 motos de front sur une voie 2 roue sde 2 mètres de large.


17:50 : J'ai peur j'ai peur j'ai peur. On passe dans des rues de plus en plus petites, la machine m'est toujours aussi lourde et aléatoire. Je me mange - a très faible vitesse - des trottoir, un vélo, plusieurs motos. Je suis impressionné comme les viets gèrent et réagissent bien face a moi. J'ai peur de perdre Xavier au milieu de nulle part.

18:00 On vient de parcourir la moitié de la ville, j'ai des crampes partout. On arrive à l'hôtel, les patrons morts de rire hallucinent de me voir arriver sur une moto. Je rentre. je gare la machine a coté de la leur, c'est à dire presque dans leur cuisine. Xavier me quitte sur un " t'inquiètes ca va venir, prend la moto ce weekend end, perd toi dans la ville, c'est comme ca que tu vas la connaitre. Au fait, achète toi un vrai casque quand même ! "

18:05 : je songe sérieusement à m'acheter un vélo.


18h50 : Melissa passe me chercher pour aller manger au restau. J'en ai encore les fesses qui font bravo.

Docteur Livingston i presume ?



Salut à tous et merci aux commentaires de ceux qui ont réussi à comprendre comment on faisait pour en laisser… les autres que le tigre souriant de la pagode du lotus bleu leur dévore les entrailles !

Je poursuis mes nouvelles du front : lundi après avoir attendu ma future colloc française devant arriver dans mon hôtel le ventre vide, je décide de partir en chasse d’un truc à manger. Au passage, je tente une énième fois de mimer aux tenanciers de l’hôtel qu’une française aux long cheveux doit arriver du ciel dans un gros dragon de métal qui crache le feu... En fait je réussi juste à ce qu’après une longue concertation ils m’amènent un sachet de shampooing…pas gagné. Du cou je mange tout seul une soupe de pho dans un bouiboui sur le trottoir, en regardant une télé qui braille un obscur sitcom asiatique …


Le lendemain en rentrant du boulot, j’arrive a croiser par hasard Mélissa dans le hall de l’hôtel… elle était en train de faire un dessin avec un garçon, une fille, un hôtel, des drapeaux et des avion sous l’œil très intrigué des patrons de l’hôtel. Mon installation dans la maison étant retardée au weekend end, je suis bien content de trouver enfin quelqu’un dans ce quartier ou personne ne parle un seul mot de français ou d’anglais.

Du coup la fin de semaine passe assez vite, patron en déplacement, boulot de 8h a 18h, biblio, lecture des rapports des stagiaires précédents (allez Bam farci toi 300 pages de Word ! ),et exploration du quartier et bouffes le soir avec Melissa.

Elle fait ici son stage de master (éco/management) et bosse dans une boite française qui produit ici confitures jus de fruits etc. Son copain italien arrive dimanche et habitera avec nous apparemment. Elle aussi est ravie quand on nous annonce que la maison promise par nos maitres de stages «serait» prête pour le mardi suivant…fuck !

Du coup on va passer le weekend de trois jours (lundi étant ferié) à l’hôtel, et on a toujours pas défait nos sacs :/



Le débit étant trop bas a l’hôtel pour envoyer des photos, je vais essayer de retranscrire par écrit nos premières impressions de naufragés volontaires dans ce quartier (de proche banlieue, ni pauvre ni riche) ou nous menons nos premières explorations hallucinées. Bin than, c’est : un océan de motos, et ce de 5h du mat à 23h, sur chaque cm carrée carrossable, en passant par les trottoirs et les hall d’entrée, c’est le vendeur de glace dont la sirène joue frère jaques en tournant toute la journée sur sa carriole a pédale, c’est 33° saturé d’humidité, c’est les premières pluies de mousson qui commencent a tomber (et qui ne rafraichissent pas grand-chose contrairement à ce qu’on nous promettait), c’est les remix techno de abba chanté en viet ( !), c’est les vendeurs de poissons rouges vivants dans des sachets congélation, c’est le labyrinthe de ruelles inondées qui sentent le poisson et la coriandre, c’est les magasins de riz ( 40 seaux remplis chacun d’un type soit disant différent),c’est les supermarchés géants et climatisés ou l’on trouve du poisson vivant aux petits écoliers de lu, en passant par des kilomètres de rayonnage de shrimps, des biscuits aromatisés a la crème de banane chimique et du vin français.

C’est des motos, des motos, internet omniprésent, des motos, des odeurs de plantes et d’encens, des boutiques géantes de téléphones portables, des fruits pour la plupart inconnus - dont on se demande presque si ce sont des animaux ou des végétaux pour certains. C’est de la bouffe a tomber par terre, des remix technos kitchissimes des années 90 à fond dans des microbars, ou des viets impassibles aux megabass sirotent des expressos a la glace pilée, le tout sur des mobiliers de dinette à 30 cm du sol (!!).

C’est des motos, des poissons encore vivants qui remuent sur le trottoir, des motos, des odeurs d’encens, des magasins de bouddhas ventrus et autres kitcheries à mourir de rire, les viets qui s’enfilent 3 ou 4 pintes a 30ct d’euro a midi avant de repartir -sur leur moto ! – de ces restaux ou on se pète le bide de fruits de mers pour un ou deux euros. C’est des milliers de viets qui qui dès les premières gouttes sortent leur poncho de pluie recouvrant moto+conducteur, c’est des gens tout petits, étranges, courtois et très calmes qui semblent avoir deux principales activités : bouffer et conduire des motos. C’est…génial . :-)