vendredi 29 mai 2009

my job

C'est vrai que j'en ai encore pas beaucoup parlé sur le blog ...Pour répondre a ceux qui me demandent ce que je fabrique ici, je vais essayer de résumer un peu, et tant pis pour ceux que ca n'intéressent pas ...

Je fais mon stage dans une boîte de consulting en agriculture/aquaculture. En gros les clients sont des entreprises d'agroalim ou des fermes qui veulent obtenir une certification (commerce équitable, biologique, un des innombrables label de sustainable development en aquaculture etc) aux normes internationales. Ma boite fait alors des visit
es, audits, des formations (cours théoriques et pratiques ) pour les aider a comprendre les cahiers des charges (en général pas très digestes) et a se mettre aux normes, en vue de se faire certifier. La boite est pas énorme, 2 francais, une petite diziane de viets, et pas énormément de moyens.

Moi je bosse dans la section aquaculture, sur la certification des pangasius ou panga ... Qu'est ce que c'est ? Un poisson chat local et ridicule qui était produit traditionellement au Vietnam, et dont la production a été boostée depuis qu'un projet piloté par le Cirad a permis de maitriser la reproduction artificielle. Le production, qui était limitée par le fait que les alevins devaient etre pêchés au cambodge notament, a alors explosé, permttant de passer de 30.000 T/an dans les années 90 à plus de 1M de tonne l'
an dernier . Aujourd'hui, la majorité est exportée en Europe, Russie, Japon, Etats unis. C'est un des poissons les moins chers, au gout pas très fort, et ca a donc beaucoup de succès dans les R.U, cantines, carroufs etc ... Voila Pour le petit historique.


Concretement, moi je suis ici pour améliorer des formation GAP ( good aquaculture practices) : du fait de son développementécent et très rapide, les vietnamiens ne maitrisent pas encore très bien la filière, et l'impact estimé sur l'environne
ment n'est pas très rassurant. En gros c'est l'équivalent de nos élévages de poulets industriels en batterie, version aquatiques. Des grosses sociétés vendent de l'aliment industriel a des fermiers, qui le "transforment" en poissons "engraissés" en quelques mois et le vendent à d'autres gros industriels, qui en font des filets congelés et expédient tout ca chez nous Le tout avec une réglementation (locale) quasi inexistante. Vu que la majorité est exportée, et que le "sustainable" est très a la mode, des standards ( "labels") ont été crées. Ceci d'un part pour éviter de trop pourrir l'environnement, d'autre part pour permettre aux producteurs de mieux accéder a l'export et de vendre plus cher, et enfin de rassurer un peu les consommateurs ... Bon ça c'est c'est le coté bisounours du stage.

A coté de ca, je découvre petit a petit le "coté obscur" du monde de la certification et de l'aquaculture ici .
Le business est ici assez énorme ( une des première exportation du pays, derrière la crevette ) , et y a un paquet de dollars en jeu. Le
monde de l'eco-sustainablo-equitablo-truc est une véritable économie: Il semble y avoir de vrai enjeux environnement/sociaux derriere ces standards, mais aussi un gros phénomène de mode, et donc son business associé. Du coup, dans le monde de l'agriculture mais encore plus de la pêche/aquaculture, c'est un peu la guerre des standards, labels, de qui arrivera a etre le plus adopté et reconnu par telle ou telle filière. Car les audit/formations/certifications coutent cher aux producteurs/pêcheurs, et rapportent donc beaucoup aux certificateurs etc qui surfent sur la mode du sustainable.
Dans ce contexte, les certificateurs se sont rapidement engoufrés dans le panga business, et les premiers standards on été créés.
La suite est un peu compliquée : mon boss est représentant au vietnam de la societé suisse qui a enregistré le standard, et c'est un peu lui qui l'a rédigé depuis le vietnam. Il est aussi abilité a faire des inspections, donc a délivrer des certifications. Dans le même temps, il es patron de la boite de consulting qui "aide" les produceurs a se mettre au norme. Ensuite, un des points "importants" du standard est qu'il faut utiliser un aliment pour poissons de qualité, un aliment "tracable"...donc industriel. Or un des plus gros fabricants d'aliment industriel pour animaux au vietnam, sorte de parrain de l'agrobusiness, local est un francais. C'est aussi l'ancien patron de la boite de consulting ou je bosse, qu'a repris mon maitre de stage il y a quelques années ... Enfin, la plupart des employés de ma boite bossent ou ont bossé en même temps pour cette boite suisse de certification, ont donc la double casquette de consultant et d'inspecteur . Inspecteurs/certificateurs/consultants réunis dans les mêmes personnes, le tout main dans la main des marchands d'aliments ? Bienvenu a mafialand ? J'avoue que c'est un peu dur de s'y retrouver ...

Quoi qu'il en soit, je pense qu'il y a malgré tout un interet a faire des formations/vulgarisation pour que les pratiques des producteurs changent un minimum, et dans la forme la travail est assez intéressant. Je fais pas mal de visites dans le Delta, je dois cerner comment travaillent les fermiers, comment ils pensent et fonctionnent,faire des enquêtes, et proposer des cours, des jeux...Il faut "designer" des powerpoints un peu enfantins ou simplistes pour leur expliquer des concepts comme
la traçabilité ou le cycle de l'azote alors que les ouvriers savent à juste lire et écrire... Plus pas mal de trucs a coté, j'ai suffisamment matière à m'occuper ...

Le seul truc qui me blase vraiment, c'est la binôme viêt (en stage de fin d'étude de master ) avec qui je suis sensé bosser. J'ai rien contre elle, mais s'organiser avec elle pour le travail c'est un enfer. Elle pane pas grand chose, ne propose jamais rien, est tetanisée a l'idée de prendre la moindre initiative. Elle connait finalement pas grand chose sur l'agriculture de son propre pays, n'est jamais vraiment sortie de chez elle et passe ses week end à dormir. Vous dire comme c'est quelqu'un de passionnant. Sinon, elle ne ressemble pas à la fille sur la photo ::o)
A coté de ca, comme beaucoup de viet elle voue un culte à la hierarchie et aux ordres, et en général effectue comme un robot ce que son père/prof/boss/supérieur lui ordonne... si jamais jamais l'ordre a été suffisamment précis, parce que si on lui a pas dit de quelle couleur choisir son slip, elle va bugger/paniquer/s'autodétruire ( rayer la mention inutile ) . Elle m'est donc d'une très grande aide, sachant que quand je lui demande de traduire du viet pour moi elle met a peut près une semaine a traduire 3 pages en français. Vu que j'ai malgré tout besoin d'elle pour certains trucs que je peux pas gérer moi même, j'ai même pas le droit d'en faire de la bouffe pour poisson :( Bref j'arrete ici, parce que je voudrais pas avoir l'air aigri, mais je rage de pas parler le viet, car je pourrais alors bosser tout seul et le travail serait infiniement plus rapide et passionant.



lundi 4 mai 2009

on the road again !

Je commence le trip à l'arrière de la moto de mathias.

Flot de motos, route pas très large, camions, maxibus aux cornes de brume à décorner un bœuf un jour de brouillard, et bien conscients de leur supériorité face aux petits viets sur leurs 125...
Pause café/ananas. Découverte qu'on a oublié nos deux Lonely Planet à Can Tho. J'échange de place avec Mélissa : retentative - non sans appréhension - de pilotage après mon cuisant échec à Ho Chi Minh. Succès plutôt rassurant.
Paysages qui défilent. Rizières, canaux, ponts. Ponts, eau, labyrinthes de courts d'eau. Cages flottantes, bateaux, eau argileuse, piscicultures, ponts.
Camions, bouffées d'adrénaline, villages. Forets d'eucalyptus, chargements de canards vivants dans des saccoches de motos ! Première GROSSE averse. Grand moment de solitude quand je déplie mon poncho ...taille enfant. Ponts, canaux, odeurs de poissons, barques, vitesse, paysages de cartes postales qui défilent.
Mers de cocotiers, de bananiers, océans de rizières. Buffles dans les champs, chapeaux pointus des femmes qui y travaillent. Mangroves, routes côtières, motos, collines de verdure, mer, odeur de sel. Pluie, soleil, coups de soleil. Sieste dans un café à hamacs. Accidents sous nos yeux. Ascension de collines coiffées de pagodes à la Disneyland. Rizières, canaux, ponts, bananiers. Vent chaud sur nos petites hondas fatiguées, nuit qui tombe, embouteillages, retour à la case départ après 600 bornes, 15 heures de route et 3 jours à profiter à mort !

En trois jours, on a quand même réussi à réparer deux fois les motos, dormir dans un village miteux en croyant être dans la ville cool dont parlais le guide -oublié a l'hôtel,- se perdre des dizaines de fois, essayer d'interpréter les regards ahuris des centaines de viets interrogés incapables de se mettre d'accord sur la direction de la seule ville importante du secteur. On aura tenté la baignade dans la plage que "waou y a pas de monde par ici"/ "merde les sables mouvants" , bloqué une moto qui peut du coup démarrer sans clé, histoire de nous faire dormir sur nos deux oreilles quand on la gare la nuit, et perdu notre lot de tongs, bouteilles d'eau et autres affaires mal harnachés sur les guidons ... La palme revient probablement au poncho taille enfant, au poisson fermenté courageusement testé dans un bouiboui, et à toutes les galères trop longues à raconter mais dont on a pas fini de rigoler ...

On a le cul en compote, j'ai le logo du klaxon imprimé sur le pouce gauche, et on se lache dans un restau français à Can Tho à coup de gratin dauphinois, vinc blanc, crepes au chocolat et quelques cocktails dans une boite made in Vietnam : gardes sur la piste, remix ignobles de carmuna burana, moolinght shadows et eminem ...a mourir de rire. Et non mec, on sait que tu nous a vu venir mais pas la peine d'ouvrir la carte des consos à la page des bouteilles de cognace a 400 euros ...

... Weekend énorme. :-) ... photos dans la semaine ... biz !!

a shrimps a day keeps the doctor away ...

Le problème quand on tient un blog c'est que plus on prend du retard pour le mettre a jour, plus on a la flemme de tout raconter, plus on prend du ....

Si je devais résumer la semaine suivante aux événements les plus marquant, ( hormis les trois mexicains contaminés à la fièvre porcine et cette cruche de Ségolène royal qui n'a malheureusement pas été contaminée par la peste porcine) ce serait:

- mon ridicule mais O combien douloureux "accident d'aquarium", qui m'a vu passer proche de l'ablation du pouce droit sur un bout coupant de mon aquarium "local". A défaut j'ai eu le droit aux flots de sang, à la balafre sanguinolente "halloween horror style", au regard ecoeuré du medecin de proximité qui m'a fait le bandage et à l'étonnement des vietnamiens à la vue du dit bandage (certains m'ont meme accosté dans la rue pour me demander ce qui m'était arrivé). Sinon les poissons vont bien . :/

- la visite du quartier chinois, avec son marché odorant de plantes médicinales (racines fantasmagoriques, champignons géants, hippocampes séchés et autres bonbonnes d'apothicaires d'un autre temps) sa vingtaine de pagodes : a quelques metres du flot de motos, des kilos d'encens enfumant des dragons dorés, des pyramides d'offrandes, d'objets de culte mysterieux, et de boudhas géants entourés de sortes de roues de la fortunes lumineuses . Les gens y pratiquent leur cultes incompréhensibles dans une ambiance feutrée et très curieuse...

- l'arrivée d'un cinquième larron à la colloc, Arnaud, qui fait dans "l'évenementiel sportif"

A coté de ca, mon boss est parti 15 jours en Europe, et j'organise une rencontre avec les formateurs du delta, dont je suis sensé améliorer les programmes. Direction Can Tho "capitale du Delta du Mékong", pour 6h de minibus bondé ... de vietnamiens systematiquement malades en voiture. Une charmante vietnamienne me fait la causette dans un vietnamenglish peu compréhensible, lorsque tout a coup elle s'arrete de parler et se rue sur un sac en plastique pour rendre sa souppe de nouille du petit déj' ... Enchanté ! Je trouve un hotel, puis vais visiter une ferme de cages flottantes de tilapias sur le Mékong ...bim les antibios en préventif ! bam les pompes dont l'huile coulent directement sur les poissons ! boum les toilette, devinez ou ca part !
Retour à l'arrière de la moto de Hung, sous l'averse de moussons réglementaire avant de discuter - autour de cafés glacés - du boulot qui s'annonce ... pas facile ! Je reste deux jours de plus à Can tho, une ville décidément très agréable, a taille humaine et loin de l'engorgement de HCM. Je travaille donc sur des terasses wifis en buvant des jus de goyaves pour réconforter mon estomac ...perturbé, et surtout je mène avec brio une mission commando dans l'université 2 de Can Tho, à la recherche de données dans le département aquaculture : dans un campus immense, sous les regardes des centaines d'étudiants en chemises blanches braqués sur moi, je suis mon jeu de piste à la recherche de ladite BU. Forcément j'arrive la semaine ou elle est en train de déménager/Forcément pas un étudiant sur dix ne parle trois mots d'anglais./Forcément le temps que je trouve le batiment, il est midi, et le macmorning c'est fini, et surtout ca ferme et il faut repasser l'apres midi... Je suis presque décu quand je reviens l'après midi : on me laisse rentrer faire mes recherches direct, il n'y a ni averse de mousson, ni coupure de courant ... même pas drôle quand il n'y a pas de galère ! (attention cependant, de nombreuses galères se sont glissées dans les paragraphes suivant, saurez vous les retrouver ? )

Un week end de 4 jours se profile : premier mai, puis fête nationale puis week end. Tout le pays profite de ce mégapont pour voyager. Du coup, exit la place dans l'avion pour se rendre à l'ile PhuQoc, exit le bus pour aller visiter Angkor ! Le plan C a été ellaboré avec Mélissa et Mathias, pote basé à Can Tho : louer des motos et partir en trip dans le delta jusqu'a l'extrême sud du pays, et remonter dans les collines jusqu'a la frontiere cambodgienne. On achète donc une carte, des ponchos de pluies, quelques bouteilles de flotte , et le lendemain, départ 7h avec deux motos, un ananas et beaucoup de motivation pour 3 jours ...d'aventures ...