Dans Saigon, il n'y a pas de piétons. Et quand je dis pas, c'est vraiment proche du zéro absolu. Les deux roues règnent en maitres, l'essence coute très peu cher et les viets prennent leur machine pour faire le moindre mètre. Du coup, bons européens que nous sommes, lorsqu'on marche dans la rue, on est toujours les seuls à être en mouvement sur ce qui fait office de "trottoirs". On nous a donc fortement conseillé de trouver un deux roues et de faire comme tout le monde, de se déplacer dans le flot de motos/vélos dans cette ville de toute façon immense ou marcher à pied est extrêmement compliqué, et assez dangereux. D'ou mes péripéties de l'autre jour:
vendredi 3 avril
8:00 : j'arrive au boulot
9:00 : les travaux d'en face font sauter les plombs du quartier
9:15 : plus de clim', plus de ventilos, le bureau commence bouillir à feu doux, thermostat 3
9:45 : la batterie de mon portable est déchargée
10:00 : celui des nanas du bureau aussi, tout le monde rentre chez soi, weekend end anticipé ! Xavier m'emmène chez lui dans le district 2 récupérer "la moto", pneus a plats, roue arrière sans pignons, électricité HS
10:10 il me tracte avec sa propre monture jusqu'au "garage Honda non officiel" le plus proche. 4 gamins se ruent sur la machine - genre les stands dans une course de F1 - et commencent à changer toutes les pièces.
10:15: je rentre chez moi en xe hom (= taxi moto qui pour 1 à 2 euros vous emmène n’ importe où dans la capitale). Le chauffeur semble sorti d'un vieux James bond et d'un "bonjour monsieur comment allez vous" est fier de me montrer qu'il sait parler français.
16h00 : après une réunion avec Xuan Binh - ma binôme viet dont je vous parlerai plus longuement un de ces jours - et Xavier, celui ci me remmène dans le district 2 chercher le bolide, une Honda wave 100cc. (photo) Ici, plus d'une moto sur deux est un modèle de cette série, et même les petites vietnamiennes d'un metre 45 la manie comme une trottinette. Même "réparée", elle a malgré tout l'air encore bien branlante, et on est obligé d'attendre sur place que les gamins changent les pièces qu'ils ont oublié de réviser.
17:00 : La lumière commence à baisser sur
17:20 : Apres quelques détours par des ruelles du quartier expat pour prendre la machine en main, on se lance direction l'hôtel.
17:40 : Je n'ai jamais eu aussi peu de ma vie. En pleine rush hour, au milieu de milliers de viets qui roulent dans tout les sens, je n'arrête pas de faire des sauts de plusieurs mètres en m'emmêlant dans les vitesses, mes clignotants viennent de lâcher. J'essaye de ne pas perdre des yeux la moto de Xavier.
17:45 Deuxième litre d'adrénaline secrété. Il commence à faire franchement nuit, les phares tunés des gens d'en face m'éblouissent la tronche. On a franchi le pont de la rivière Saigon, 4 motos de front sur une voie 2 roue sde
17:50 : J'ai peur j'ai peur j'ai peur. On passe dans des rues de plus en plus petites, la machine m'est toujours aussi lourde et aléatoire. Je me mange - a très faible vitesse - des trottoir, un vélo, plusieurs motos. Je suis impressionné comme les viets gèrent et réagissent bien face a moi. J'ai peur de perdre Xavier au milieu de nulle part.
18:00 On vient de parcourir la moitié de la ville, j'ai des crampes partout. On arrive à l'hôtel, les patrons morts de rire hallucinent de me voir arriver sur une moto. Je rentre. je gare la machine a coté de la leur, c'est à dire presque dans leur cuisine. Xavier me quitte sur un " t'inquiètes ca va venir, prend la moto ce weekend end, perd toi dans la ville, c'est comme ca que tu vas la connaitre. Au fait, achète toi un vrai casque quand même ! "
18:05 : je songe sérieusement à m'acheter un vélo.
18h50 : Melissa passe me chercher pour aller manger au restau. J'en ai encore les fesses qui font bravo.
Pour une première, chapeau Mr Benenounet !!!
RépondreSupprimerJ'aurais pas fait mieux je pense...
Et ben! j'aurais voulu soir super biker! J'espère que tu t'éclates et que désormais tu maitrises l'engin!
RépondreSupprimerEn tout cas ton blog est super bien écrit, continue de nous régaler avec tes aventures!
Biz
Elise
t'es trop fort !
RépondreSupprimergros bisous
lauriane